Pourquoi je pleure encore mon deuil « X » années après ? Comprendre ce chagrin qui ne passe pas

Main ouverte avec fleurs fanées, symbole du deuil qui dure et chagrin persistant
« Ça fait X annéess et je pleure encore… » Tu n’es pas « bloqué·e ». Ton chagrin qui dure cache des nœuds invisibles : mots non-dits, culpabilité, héritages familiaux, mémoire traumatique. Bonne nouvelle : RITMO (EMDR) et/ou constellations familiales libèrent ces blocages.
Thérapute Libourne Les Billaux - La Cali - Région Bordeaux - Main Gauche
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Le deuil n’a pas de date d’expiration

Il y a quelques semaines, quelqu’un s’assoit face à moi et murmure, presque honteusement : « Ça fait cinq ans. Cinq ans qu’elle est partie. Et je pleure encore. Je devrais avoir tourné la page, non ? »

Non, tu ne « devrais » rien. Ton chagrin n’a pas de date d’expiration. Ton deuil ne se plie pas aux injonctions sociales qui voudraient qu’après un an, deux ans, cinq ans, tu aies « fait ton deuil ». Comme si la perte de quelqu’un qu’on aime pouvait se ranger dans un placard, proprement, après un délai raisonnable.

Si tu pleures encore des mois, des années après, ce n’est pas parce que tu es « bloqué·e ». Ce n’est pas parce que tu es « trop sensible » ou que tu ne fais pas « assez d’efforts ». C’est que quelque chose, en toi, n’a pas encore trouvé sa place. Quelque chose cherche encore à se dire, à se libérer, à être entendu.

Et aujourd’hui, je voudrais t’aider à comprendre pourquoi. Et surtout, comment accompagner ce chagrin pour qu’il cesse de te hanter.

Ce que personne ne te dit sur le deuil

On nous a menti. On nous a fait croire que le deuil était un passage, une étape, quelque chose qu’on « surmonte ». Qu’avec le temps, forcément, ça passe.

Mais le deuil n’est pas une maladie dont on guérit. C’est une transformation.

Tu ne redeviens pas celui ou celle que tu étais avant. Tu deviens quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui porte désormais cette absence dans son histoire, dans son corps, dans son regard sur le monde.

Et cette transformation, parfois, prend du temps. Beaucoup de temps. Parce que perdre quelqu’un qu’on aime, ce n’est pas juste perdre une personne. C’est perdre un monde entier.

Tu perds les projets que vous aviez ensemble. Les conversations futures qui n’auront jamais lieu. L’odeur de sa peau. Le son de sa voix. Sa présence rassurante quand la vie devient trop lourde. Tu perds aussi, souvent, une part de toi-même — celle qui existait dans son regard, qui se sentait vue, aimée, comprise.

Alors oui, ça prend du temps. Et ce temps n’est pas mesurable. Il n’y a pas de « délai normal ». Il y a juste ton rythme. Ton chemin. Ta manière unique de traverser ce gouffre.

Les étapes du deuil : un chemin non linéaire

Tu as peut-être entendu parler des « étapes du deuil ». La psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a identifié cinq phases que traversent souvent les personnes en deuil1 : le déni (« ce n’est pas possible »), la colère (« pourquoi lui/elle ? pourquoi moi ? »), le marchandage (« si seulement j’avais… »), la dépression (« à quoi bon continuer ? »), et l’acceptation (« je peux vivre avec cette réalité »).

Mais attention : ces étapes ne sont pas un parcours fléché avec un début et une fin. Ce ne sont pas des cases à cocher dans un ordre précis. Tu peux passer de l’acceptation à la colère en quelques secondes. Être en paix un matin et te retrouver submergé·e de chagrin l’après-midi. Croire avoir « accepté » trois ans après, puis replonger dans la sidération parce qu’une chanson t’a ramené·e à cette personne.

Et c’est normal. C’est même sain.

Le deuil n’est pas linéaire. C’est une spirale, un mouvement de vagues. Parfois tu avances, parfois tu recules. Parfois tu touches le fond, parfois tu respires à nouveau. Et au fil du temps, les vagues s’espacent, elles deviennent moins violentes. Mais elles ne disparaissent jamais complètement.

Parce que le deuil n’est pas un processus qui se termine. C’est une relation qui se transforme.

Christophe Fauré, psychiatre et psychothérapeute français spécialiste du deuil, explique que nous ne « faisons » pas notre deuil au sens de « s’en débarrasser ». Nous apprenons à vivre avec l’absence². Nous réorganisons notre monde intérieur pour que l’autre trouve une nouvelle place — non plus dans notre quotidien physique, mais dans notre cœur, notre mémoire, notre histoire.

Et parfois, cette réorganisation prend plus de temps qu’on ne le voudrait. Parfois, elle se heurte à des obstacles invisibles.

Pourquoi ton deuil reste figé ? Les nœuds invisibles

Mais il arrive aussi que le deuil reste bloqué. Pas parce que tu n’es pas « assez fort·e », mais parce qu’il se heurte à des obstacles que tu ne vois pas toujours.

Les mots non-dits et la culpabilité

Christophe Fauré, psychiatre spécialisé dans l’accompagnement du deuil, parle de « deuil compliqué »2 : ce sont ces situations où la perte reste comme figée dans le temps, où la douleur ne diminue pas, où le chagrin reste aussi vif qu’au premier jour.

L’une des raisons les plus fréquentes ? Les choses qu’on n’a pas pu dire.

« Je t’aime. »
« Pardon. »
« Merci. »
« Je suis en colère contre toi. »

Quand la mort arrive brutalement, quand elle ne laisse pas le temps des adieux, ces mots restent coincés dans ta gorge. Et ils pèsent. Ils pèsent sur ton cœur, sur ton souffle, sur tes nuits.

Parfois, ce sont aussi les non-dits dans la relation elle-même. Si tu as perdu quelqu’un avec qui tu avais une histoire complexe — un parent toxique, un frère ou une sœur avec qui tu étais fâché·e, un·e ami·e dont tu t’étais éloigné·e — le deuil se mêle de culpabilité, de regret, de colère. Et ces émotions entremêlées empêchent le chagrin de circuler.

« Si j’avais été là. »
« J’aurais du insister pour qu’il aille chez le médecin. »
« Si je ne lui avais pas dit ces mots durs, ce jour-là. »

La culpabilité est l’un des freins les plus puissants au processus de deuil. Elle te maintient dans une boucle mentale infernale, où tu rejoues sans cesse ce que tu aurais pu faire différemment.

Mais tu sais quoi ? Tu as fait ce que tu pouvais, avec qui tu étais, à ce moment-là. Avec tes limites, tes peurs, tes zones d’ombre. Tu n’es pas responsable de la mort de l’autre. Même si ton mental essaie de te convaincre du contraire.

Les deuils cumulatifs

Parfois, tu pleures un deuil ancien parce qu’il résonne avec d’autres pertes. Celle d’aujourd’hui réveille celle d’hier. Celle de ton père mort il y a dix ans réactive la perte de ta grand-mère, de ton meilleur ami, de ton enfant à naître.

Le psychiatre Michel Hanus parle de « deuils cumulatifs »3 : quand plusieurs pertes se succèdent sans que tu aies eu le temps de digérer la première, elles s’empilent. Et un jour, c’est l’avalanche. Tu pleures toutes tes pertes en même temps.

Héritages transgénérationnels

Et puis, il y a ce que tu portes sans le savoir. Les deuils non faits de tes ancêtres.

Ta grand-mère qui n’a jamais pleuré la mort de son fils.
Ton grand-père qui a perdu ses parents trop jeune et a dû « être fort ».
Ces deuils gelés, enfouis, se transmettent. Ils créent des mémoires inconscientes que tu portes dans ton corps.

Parfois, ce n’est même pas « ton » deuil que tu pleures. C’est celui de ton lignage. Et tant qu’il n’est pas reconnu, libéré, il continue de t’habiter.

Le deuil dans ton corps : neurosciences du chagrin

Parce que le deuil, ce n’est pas juste une affaire de mental ou de « volonté ». C’est une réalité biologique, neurologique, cellulaire.

Quand tu perds quelqu’un que tu aimes, ton cerveau entre en état de stress post-traumatique. Littéralement. Les neurosciences ont montré que la perte d’un être cher active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique4. Ce n’est pas une métaphore. Ton cerveau souffre.

Et cette souffrance laisse une trace. Une empreinte dans ton système nerveux. Ton corps se souvient. Il réagit à certaines dates (l’anniversaire de la mort, les fêtes), à certains lieux, à certaines odeurs. Et soudain, sans prévenir, la vague de chagrin te submerge.

C’est ce qu’on appelle les « déclencheurs de deuil ». Ton système nerveux est resté en hypervigilance, comme s’il attendait encore l’autre. Comme s’il ne pouvait pas encore intégrer que cette personne ne reviendra pas.

Et tant que ton corps n’a pas métabolisé cette réalité — pas juste avec ta tête, mais avec tes cellules — le deuil reste présent.

Comment libérer un deuil qui dure ?

Alors, comment faire ? Comment permettre à ce deuil de se transformer, de circuler, de trouver enfin sa place en toi ?

RITMO (EMDR) : apaiser la mémoire traumatique

Le RITMO (EMDR) est un outil extrêmement puissant pour travailler sur le deuil figé. Pourquoi ? Parce qu’il permet de retraiter les mémoires traumatiques liées à la perte.

Concrètement, on va travailler sur les images, les moments précis qui te font encore mal : l’annonce de la mort, les derniers instants, les funérailles, ou simplement ce souvenir de ton être aimé qui te bouleverse encore.

Grâce aux mouvements oculaires (ou d’autres stimulations bilatérales), ton cerveau va pouvoir retraiter ces mémoires. Pas pour les effacer — jamais. Mais pour qu’elles perdent leur charge émotionnelle insoutenable. Pour que tu puisses te souvenir sans que ton corps s’effondre. Pour que ces images deviennent des souvenirs, et non plus des blessures ouvertes.

Le RITMO t’aide aussi à travailler sur la culpabilité, les regrets, la colère. À libérer ce qui est resté coincé. À dire, enfin, ce que tu n’as pas pu dire.

Constellations familiales - Libourne La Cali - Guillemets
Votre chemin vers la libération

RITMO®, pour Retraitement de l’Information Traumatique par les Mouvements Oculaires, est une méthode spécialement conçue pour aller au-delà des mots. Créée par Lili Ruggieri, cette technique s’inspire de l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), une approche développée initialement pour les anciens combattants traumatisés.
RITMO® permet de dénouer les nœuds émotionnels et de transformer des blessures profondes en opportunités de croissance personnelle.

Constellations familiales : phrases réparatrices

Si ton deuil semble disproportionné, s’il te submerge d’une manière que tu ne comprends pas, il est possible que tu portes autre chose. Un deuil qui ne t’appartient pas entièrement.

En constellation familiale, on va poser ta relation à la personne décédée. On va voir ce qui se joue dans ton système familial. Parfois, on découvre que tu portes le chagrin de ta mère. Ou que tu es identifié·e à un ancêtre mort trop jeune. Ou qu’inconsciemment, tu refuses de « continuer à vivre » par loyauté envers celui ou celle qui est parti·e.

Quand ces dynamiques sont révélées, on peut alors prononcer ce qu’on appelle des phrases réparatrices. Ce sont des phrases simples, mais d’une puissance incroyable, qui remettent de l’ordre dans le système familial.

Par exemple :

« Je te vois, grand-père, et je reconnais ta douleur. Maintenant, je te laisse ton destin et je reprends le mien. »

« Maman, je vois que tu n’as jamais pleuré ton fils. Je te rends ce chagrin, il est à toi. Moi, je garde mon propre chagrin. »

« Papa, tu es parti trop tôt. Mais je choisis de vivre, pour toi et pour moi. Je t’honore en vivant pleinement. »

Ces phrases ne sont pas magiques. Mais elles créent un pont. Elles disent à ton inconscient, à ton corps, à ton système familial : « Je vois ce qui s’est passé. Je reconnais la douleur. Et maintenant, je choisis de me libérer. »

Quand tu peux voir ce qui t’appartient et ce qui appartient à l’autre, au lignage, quelque chose se dénoue. Tu peux enfin rendre ce qui n’est pas à toi. Et honorer ton mort en vivant pleinement ta vie.

Constellations familiales - Libourne La Cali - Guillemets
Comprendre les enjeux cachés de vos relations

Et si les obstacles que vous traversez trouvaient leur origine dans des événements passés, inscrits bien avant vous, au sein de votre histoire familiale ou de votre environnement 

Les constellations familiales et systémiques, développées par Bert Hellinger dans les années 1990, offrent une approche singulière pour mettre en lumière ces influences invisibles. Qu’elles soient familiales, professionnelles ou sociétales, ces dynamiques inconscientes façonnent nos choix, nos interactions et même notre équilibre personnel.

Rituel simple pour honorer ton chagrin

Je te propose quelque chose de simple, mais profond.

Prends un moment, seul·e, dans un endroit où tu te sens en sécurité. Allume une bougie. Installe une photo de la personne que tu as perdue, ou simplement un objet qui te la rappelle.

Assieds-toi. Respire.

Et parle-lui. À voix haute ou dans ta tête. Dis-lui tout ce que tu n’as pas pu dire. Tout ce qui reste coincé en toi.

« Je t’en veux de m’avoir laissé·e. »
« Je me sens coupable de ne pas avoir été là. »
« Tu me manques tellement. »
« Je ne sais pas comment vivre sans toi. »
« Je t’aime. »

Laisse sortir les mots, les larmes, ton corps trembler si c’est ce dont il a besoin.

Et quand tu sens que c’est le moment, dis-lui aussi :

« Je te garde dans mon cœur. Et je choisis de continuer à vivre. Pour toi. Pour moi. »

Fais ce rituel autant de fois que nécessaire. C’est un dialogue. Une manière de maintenir le lien, tout en te permettant d’avancer.

Le deuil est un acte d’amour

Tu sais ce que je crois ? Que pleurer encore, des années après, ce n’est pas de la faiblesse. C’est de l’amour.

Tu pleures parce que tu as aimé. Parce que cette personne a compté. Parce qu’elle a laissé une empreinte indélébile dans ta vie.

Et ça, personne ne peut te le retirer. Personne ne peut te dire « c’est assez, maintenant, arrête de pleurer ». Ton chagrin est à toi. Il est légitime. Il est sacré.

Mais il mérite aussi d’être accompagné. Libéré. Transformé. Pour que tu puisses continuer à aimer cette personne sans que cet amour te détruise. Pour que tu puisses honorer sa mémoire en vivant pleinement, en respirant pleinement, en aimant à nouveau.

Le deuil n’est pas quelque chose qu’on « termine ». C’est quelque chose qu’on apprend à porter autrement. Plus légèrement. Avec moins de douleur et plus de tendresse.

Si ton deuil te pèse, si tu sens que tu as besoin d’aide pour traverser ce chagrin qui ne passe pas, je suis là. En séance, nous explorerons ensemble ce qui reste figé, ce qui demande à être libéré, ce qui t’empêche d’avancer. Avec douceur, avec respect pour ton rythme et ta douleur. Tu peux me contacter pour une séance découverte — un espace rien que pour toi, où ton chagrin aura enfin le droit d’exister pleinement.

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Aïssata Camara Rodrigues

Sources :

  1. Kübler-Ross, E. (1969). On Death and Dying. New York: Macmillan. ↩︎
  2. Fauré, C. (2012). Vivre le deuil au jour le jour : La perte d’une personne proche. Paris : Albin Michel. ↩︎
  3. Hanus, M. (1994). Les deuils dans la vie : Deuils et séparations chez l’adulte et chez l’enfant. Paris : Maloine. ↩︎
  4. O’Connor, M. F., et al. (2008). « Craving love? Enduring grief activates brain’s reward center ». NeuroImage, 42(2), 969-972. ↩︎
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Moi, c’est Aïssata !

Sophro-analyse - Constellations Familiales - Ritmo Emdr - Libourne La Cali - Citation
De l’ombre à la lumière
Qui suis-je ?
Ah, LA grande question !

Pendant longtemps, la seule réponse a été : « Je ne sais pas, mais je n’ai rien à faire là…. »

La vie m’a apporté un bon mix d’épreuves (parfois bien corsées), desquelles j’ai pu tirer des leçons, pour que je puisse enfin répondre à cette question avec un sourire sincère.

Aïssata Camara Rodrigues - Thérapeute à Libourne Les Billaux 33500 - Signature